Le Canal de Nantes à
Brest est un corridor fluvial qui irrigue le Finistère
et relie des sites naturels de grande qualité: Monts d’Arrée,
Montagnes Noires et Presqu’île de Crozon. Mais depuis
les années 60 et l‘intensification de l‘agriculture,
les espaces agricoles riverains du canal subissent de multiples
destructions et pollutions: arasement de talus, eutrophisation,
emploi de pesticides.
La géologie (massif de schistes ardoisiers…) est
à l’origine des ardoisières désormais
abandonnées, du tracé sinueux du canal et de la
biodiversité de celui-ci. Sur ces pentes impropres à
la culture, le site a conservé ses boisements d’origine,
terrains de chasse des chauves-souris, et des biotopes refuge
pour divers invertébrés rares, menacés ou
endémiques (carabe à reflets d’or, escargot
de Quimper…).
La construction du canal a favorisé la Loutre et ses proies
en créant des biefs, fossés, contre canaux, marais
et îlots. Les carrières abandonnées, quant
à elles, ont fourni des gîtes d’hibernation
vitaux pour les chauves-souris cavernicoles, espèces menacées
et d’intérêt communautaire au même titre
que la loutre.
Ce formidable patrimoine naturel, menacé et fragile, mérite
toute notre attention. La protection des habitats vitaux des mammifères
rares assure, au sein d’une vaste région agricole,
la survie d’une faune et d’une flore, autrefois commune
(fougères, insectes, araignées, oiseaux, hérissons,
musaraignes, mustélidés…) qui souffrent aussi
de la modification des paysages.
Ainsi, malgré une superficie réduite, ce
corridor biologique constitue un conservatoire génétique
aussi inestimable qu’insoupçonné.
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